Désolé pour ma réponse un peu longue, je donne tout en vrac
Damien a écrit :J'ai vu Mireille pour le pointage 1 heure mais je présume qu'il se poursuit durant les 24 heures au frigo? (.....et d'ailleurs, pourquoi Thierry conseilles-tu le passage au frigo?)
Ici (dans la recette que je t'ai donné pour inratable),
c'est pour faciliter la tache lors des manipulations et et ne pas te bloquer des heures puisqu'on sépare la panification en 2. Si tu ne passes pas par la case frigo, il faudra augmenter le temps de pointage et surtout ne pas serrer la pâte comme avant la mise au frigo : juste un boulage et c'est tout, la aussi, sans le coup de main, à moins d'hydrater à 60, tu vas avoir des problèmes : tu dis que momo va vite ? mais momo travaille du 60, il ne va pas lentement, mais on peut dire "moyennement", avec du 65, pour rouler/rabattre, après que tu tempêtes parceque ça colle un peu, ça va finir par prendre assez de force pour arriver à bouler, mais juste un seul rabat, tu vas raler que ça colle de partout et je ne te parle pas du façonnage qui va suivre. Donc à moins de te jeter sur un banneton... (ps : je travaille en 68 en athmosphere saturée, en gros kifkif 72 en atmosphère seche, pour monter plus haut, il faut soit avoir des farines fortes (nord américaines), soit oublier les mains)
NB: de toute façon, je passe toujours par le frigo pour les arômes comme te le dis mireille. Mais attention, c'est pour privilégier les molecules dites "aromatiques" (stricto-sensu: a cycle de carbone 6) et pas l'hétérofermentation, plus facile a obtenir en pousse a température ambiante: si on veut des pains "forts" on oublie le frigo et on panifie en levain dur sur des pâtes moins hydratées.
Mais ici, ce n'était pas le but, c'était juste pour une facilité de manipulation à l'usage des débutants.
Si on a la chance d'avoir une chambre de pousse, ou une cave, l'idéal en pousse contrôlée, pour les arômes, ce n'est pas la pousse(6°-8°)/blocage(4°) au frigo, c'est 12°-15°, (on peut même faire l'appret a 15°-17°, c'est la methode de franck tombarel (ancien champion de la baguette tradition)); on cumule alors un peu les avantages des 2 methodes.
Dans cet optique, ça permet de comprendre pourquoi mettre le pâton dans l'endroit le plus "chaud" du frigo (et le levain, le plus "froid", sans toucher, malheureux, aux 0°)
NB2: chacun fera ce qu'il veut, mais le probleme de beaucoup c'est la force de leur pâte : donc pas d'autolyse avec des blés européens, pétrissage correct et pointage suffisant. Ou alors travaillez sec (autour de 60). Maintenant, si l'autolyse c'est 10', c'est du frasage (imbibition), aucune importance du point de vue enzymatique: qu'on tourne 5 mn en vitesse tres lente ou qu'on attende un peu, c'est presque pareil,
NB3 (presque ouf): un autre mistake, c'est le délayage et/ou le réveil du ferment : en levure je ne le fais que pour la levure seche, qui le réclame, pas pour l'instantannée (d'ou son nom) ni pour la fraiche. On n'oubliera pas que la fraiche est 3 fois moins dense que l'instantannée, donc il en faut 3 fois plus, et en theorie, 2 fois plus pour la seche, mais si on la delaye et qu'on attend une petite 1/2 heure, on peut en mettre la même quantité que de l'instantannée.
Le reveil se fait pour le levain engourdi : s'il vient de subir un rafraichi, on le delaye avec une partie de l'eau de coulage et on enchaine le frasage, s'il sort du frigo, on le delaye, on ajoute un peu de farine et on attend 1/4 d'h a 1/2 heure avant le frasage.
NB4 (ouf ?) : jamais je ne "nourris" le levain avec un "petit peu" de farine. j'ai expliqué en long et en large et en travers le non sens de l'expression "nourrir" et les proportions multiples de 2 dues au simple fait qu'un microorganisme "sauvage", "naturel", au cours d'un cycle reproductif se divise en 2 (pas une levure de culture qui est un monstre biologique ayant N fois le stock chromosomique au lieu de 2 comme généralement chaque etre vivant "commun"). Evidemment, un levain en survie (bien survie) qui est laissé a lui memes des jours et des jours verra sa survie augmenter par des apports d'un petit peu de substrat de culture (farine donc)... mais bon, c'est de la survie, pas de la culture, donc ensuite, il faudra X rafraichis pour remettre son élevage en état.
NB5 (ouf ! the end): donc en conservation au froid, je fous la paix au levain, champenois ou pas, suintage ou pas. En dehors du ralentissement physiologique, on compte sur une sporulation partielle (pot non etanche) ou presque totale (pression, qu'elle soit elle partielle -wilfried- ou totale - champenois-) et ce n'est pas le moment de le sortir de sa catalepsie. ++ je ne parle que du levain, pas des pâtes ! la sporulation n'arrive qu'après quelques jours !