Thierry a écrit :Ce n'est pas le nombre de pétrissage qui compte, ni même sa durée, c'est la consistance, l'aspect du pâton !
faldo38 a écrit :Bonjour, je comprends, mais quel est la durée "moyenne" d'un petrissage?
mais y'en a pas, puisque tout dépend de la pâte (composition, hydratation) et de la technique de pétrissage, tout autant de la solution de panification employée !
par exemple, en MAP, c'est long, parceque c'est extremement lent avec une technique qui manipule une toute petite quantité de pâte (les ailettes), en blé ancien, nicolas supiot (voir
"les blés d'or") ne réalise que des rabats, etc.
SEULE la qualité de la pâte compte : surveillez et selon votre technique, vous aurez votre temps, voila les étapes :
- frasage, la pâte semble sèche, c'est la phase ou l'eau commence à imbiber les particules de farine
- puis la pâte va sembler coller : le réseau de gluten n'est pas en place
- puis le gluten se forme (c'est l'association de 2 protéines), et la pâte se "décolle" du bol de pétrissage
- et peu à peu, on arrive au stade "cordé" : la pâte est lisse et brillante en surface, mais a toute sa consistance
- et si on insiste, on se retrouve avec une pâte extrêmement lisse, élastique (*), et si on insiste encore, filante qui a perdu toute consistance : c'est mort
*utilisé pour certaines recettes pour réaliser un genre de feuilletage (je ne connais plus le nom de cette spécialité ou on étale la pâte sur une table complète, si fine qu'elle en devient transparente, ya de l'huile aussi, si quelqu'un se rappelle, je corrige)
le pétrissage doit être lent, pour ne pas chauffer la pâte et ne pas trop l'oxygéner et diviser le gluten, mais on peut trouver (très) rapidement (en vitesse, mais surtout en temps) le stade "non collage" avant de repasser en vitesse lente, et peu à peu la plus lente possible, cela ne peut se faire que pour des petites quantité de pâte dans le bol, pour de grosses quantité, comme les boulangers : la spirale (par exemple), ne pétri qu'une partie de la cuve (qui tourne) et il est hors de question dans ce cas de passer en vitesse rapide à aucun moment que ce soit... sauf les industriel qui font du pain blanc, cotonneux, sans goût et qui emploient aussi de la farine de fève en quantité énorme (c'est un genre de légumineuse, spécifique pour le pain, beurk)
Donc, selon les techniques, on peut soit aller au stade cordé, traditionnel, soit s'arrêter avant, n'importe quand pourvu que le frasage soit réalisé et compter sur le pointage, avec ou sans rabats, pour terminer l'opération avant le façonnage.
En fait, on fait tout ce qu'on veut, selon ce qu'on veut obtenir ("la bonne méthode, c'est celle qui marche"), mais toujours ce qui compte c'est l'aspect et non des temps